Lise ne se tenait presque plus sur ses jambes lorsqu’elle arriva avec soulagement à l’hôpital. Deckard accourut finalement et les y retrouva… Il était terriblement nerveux et ne trouvait pas grand chose à dire d’adapté à la situation. Pire, il tremblait ! Ce qui surprit beaucoup Lise… Il semblait finalement encore plus paniqué qu’elle, et paradoxalement… cela la rassura… Elle lui fit un jolie sourire, pas forcément très sûre d’elle, mais elle avait l’air apaisée et s’appuya sur lui en plus de Mandrin alors qu’Arkinis était parti devant chercher une espèce de siège à roues bien pratique pour l’occasion.
- Non, je crois que jusque là c’est normal… Ca fait rudement mal, mais ça va aller. Je crois…

Il suivit néanmoins la jeune femme, dont les traits s’étaient crispés à nouveau. Elle s’assit dans le fauteuil roulant un peu sceptique mais de bonne grâce et Mandrin la poussa à la rencontre des filles qui l’attendaient… Jésus n’arrivait toujours pas. Par contre il lui semblait que la moitié de la ville, comme un cortège, les suivaient, curieux, jusqu’à la principale salle d’opération. Arrivés là, la jeune femme aperçut Eva, HellHaine et Alarielle avec soulagement et Mandrin l’aida à s’asseoir sur la table et dût même réclamer de Deckard qu’il se remue pour aider aussi : le futur papa était franchement secoué et ne fit guère preuve d’efficacité à force d’avoir peur de mal faire. Mais Lise était très touchée de le voir ainsi et lui adressa un sourire qu’elle espérait rassurant pour lui. Elle fut sortie de son petit nuage par une réflexion de Mandrin :
- On va la déshabiller… Faut allumer les grandes lumières, qu’on y voit !!!
- Ehh ! Mais attendez, je veux pas être mise à poil devant tout le monde moi !! Je vais quand même paaaaaaaah !!
Elle n’arrivait même plus à finir une phrase sans qu’une contraction l’interrompe. Et en toute autre situation la remarque d’Arkinis qui suivit l’aurait sans doute mise hors d’elle.
- C’est bien ! Les douleurs se rapprochent, je crois que ça part bien !
Puis Mandrin se retourna et gueula « Tout le monde dehors c’est une salle stérile ici... » Il voulut d’ailleurs aller refermer la porte mais Lise s’était accrochée à sa chemise et ne la lâchait plus comme si serrer quelque chose pouvait rendre la douleur moins intense…
Et remarquant que Deckard, tout pâle, ressemblait plus à un zombi qu’autre chose, il ajouta à Eva qui venait d’allumer les lampes :
- Fout le dehors lui aussi, il va bientôt tomber les pommes et on a pas besoin de ça maintenant !!! Putain, mais où est Jésus encore ?
Il se retourna vers Lise qui se demandait vaguement pourquoi il lui avait interdit de jurer s’il le faisait encore lui-même…
- Ecoute moi je sais que ça te fait mal !!! Mais...
- Aaaarrrrggghhhh !!!
- Faut que tu essayes de te décontracter, souffle fortement au lieu de te crisper... Plus tu te crispes plus tu empêches le bébé de sortir et plus tu auras des contractions...
- PPPFFFFFEEE.... PPPPFFFFEEEE.....PPPPPFFFEEE....
- Voilà comme ça, c’est bien !!! continue !!!
- PPPPFFFFFEEE.... PPPPFFFFEEEEAAaaaaaaHH !!!!
- Non, te crispe pas !!! Souffle !!!!
- Je voudrais bien t’y voiaaaaaaahhhhhhh !!!! PPPPFFFEEEEEE !!!!!! PPPFFFEEEE !!!!
- Tu vois tu t'énerves et ça s'aggrave ajouta Mandrin en lui épongea le front...
Lise était comme dans un rêve un peu flou. Elle sentait une grande agitation autour d’elle mais n’était pas bien sûre de se rendre compte de tout ce qui se passait autour.
Eva prit l'ordre de Mandrin très au sérieux, et commença à évacuer la salle
- Tout le monde dehors il n'y a rien à voir, de toute façon on vous tiendra au courant de l'évolution, mais là on a vraiment besoin de place et Lise de respirer. Allez du vent ! Allez Deckard ! Je pense que le mieux pour toi serait aussi de sortir avec les autres… Tu es tout pâle et je ne pense pas que c'est en restant ici que ça ira mieux… De toute façon ici tu ne seras pas forcément plus utile… Vas t'asseoir dans un coin et repose toi un peu, bois un verre d'eau aussi car je ne voudrais pas que tu nous fasses un malaise

Respire à fond et vas t'asseoir.
Bien que la plupart des gens suivaient les ordres d’Eva de bonne grâce, pour lui faciliter la tâche, celle-ci vit une ombre se faufiler dans un coin derrière une armoire…
- Mmmmmmmmmmmm qui va là ??!!
Elle alla voir et trouva Jiod assis en train de se faire le plus petit possible
- Ha non je suis désolée de passer pour la méchante, mais ça marche aussi pour toi. Je ne peux vraiment pas te laisser là. Tu es grand tu peux comprendre que ce n'est déjà pas évident pour nous, nous n'avons pas l'habitude. Et je pense que comme nous tous tu veux que ça se passe bien… Et pour ça il ne faut pas que nous soyons trop nombreux. De plus ce n'est pas l'endroit qui soit vraiment pour toi… Je suis certaine que Lise et Deckard te laisseront voir et t'occuper du bébé une fois né, mais là ce serait un peu trop tôt… Tu auras tout le temps que tu voudras pour l'admirer et le chouchouter après. Tu comprends, non?
Eva prit la main de Jiod et l'accompagna hors de la salle
- Je te tiens au courant promis

Et Jésus qui n’arrivait pas… Arkinis et Gros Radin mourrait tous deux de curiosité pour cet instant unique dans leur carrière de médecins, mais pour l’heure, ils n’avaient pas encore osé passer outre les consignes d’Eva et les volontés de Lise et ils étaient donc pour le moment sortis dans la pièce voisine... en tendant l’oreille… et en se demandant pourquoi Mandrin avait droit au spectacle !
Alarielle qui ne savait pas trop quoi faire pour se rendre utile décida que si Mandrin devait rester, il lui faudrait l'uniforme d'usage ! Et elle l'affubla d'une blouse et d'une toc blanche assez peu dans les habitudes vestimentaires du chef de l'usine, surtout quand il était impossible de lui passer une manche parce qu'une main de Lise l'en empêchait...
[Ecrit avec l'aide de Mandrin et d'Eva... Au besoin je peux éditer pour les besoins de chacun

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